Conférence : La forêt de Lyons pendant la Grande Guerre

Date : le 10 février 2018 à 19h00
Conférencier : Emmanuel Boivin
Lieu : Mairie de Lyons-la-Forêt, 27480 Lyons-la-Forêt

Alors que la France fait mémoire de la Première Guerre mondiale, les Amis de Lyons ont choisi pour leur deuxième rendez-vous de l’année d’inviter Emmanuel Boivin, responsable de l’unité territoriale Lyons-Vexin et Bray et gestionnaire de la forêt domaniale de Lyons, pour nous parler de la forêt de Lyons durant la Grande Guerre.

Soldats britaniques et forestiers

Soldats britanniques et forestiers

A la veille du conflit, l’administration des Eaux et Forêts est bien présente dans le Pays de Lyons. Les préposés en poste assurent un service de qualité qui depuis des décennies a conduit à enrichir la hêtraie, vitrine de la sylviculture française. Le corps des chasseurs forestiers constituent également depuis 1874 un maillon de la défense nationale.

Dès la mobilisation générale, les forestiers seront soit affectés dans des compagnies de Chasseurs forestiers, soit maintenus à leur poste. Les recherches menées ont permis de retrouver le parcours de certains d’entre eux.

Le conflit qui s’est installé dans la durée a nécessité des besoins en matière bois qu’il a fallu mobiliser. C’est à partir de 1916 que les exploitations des armées alliées se sont mises en place dans les forêts française. En Lyons, les britanniques se sont vus accordés des volumes conséquents à exploiter, scier et acheminer vers le front. Les forestiers ont joué un rôle déterminant dans l’encadrement de ces chantiers, en veillant au respect des peuplements et à l’intégrité de la forêt.

L’organisation et la vie quotidienne en forêt sont donc perturbées pendant les quatre années de conflit. Les besoins de la population mènent inévitablement certains riverains à commettre des infractions que les gardes traitent avec plus ou moins d’indulgence.

Le suivi précis des volumes exploités dans les documents d’aménagements a permis de déterminer l’impact des exploitations extraordinaires.

L’armistice signé, il faudra près de deux années pour retrouver une situation normale, dans les effectifs présents, les missions et l’organisation. Dans les années qui suivent, la mémoire de la période de guerre reste bien ancrée chez les forestiers, au point d’associer à des arbres remarquables, des personnels qui ont marqué leur passage dans cette forêt d’arrière front.

Le cadre de ces recherches a été également l’occasion d’étudier les évènements de la Rouge Mare sous l’angle de vue des forestiers. Quelques faits viennent donc enrichir une histoire au demeurant déjà bien connue.

Des zones d’ombres subsistent sur cette période marquante de l’histoire de la forêt domaniale de Lyons mais un siècle étant passé, il était nécessaire de synthétiser toutes les archives et connaissances sur le sujet. Le temps de la transmission est désormais arrivé.

Emmanuel Boivin

Emmanuel Boivin

Après une classe préparatoire aux écoles d’agronomie au lycée Corneille à Rouen, Emmanuel Boivin Intègre l’Office National des Forêts en 1994 comme technicien forestier. Il exerce jusqu’en 1997 à Beauvais, puis à Lyons-la-Forêt sur la moitié Eure de la forêt domaniale.

Il est responsable de l’unité territoriale Lyons-Vexin et Bray et gestionnaire de la forêt domaniale de Lyons depuis 2002 et cadre forestier depuis 2006. Vice-président de l’association HAUGR (préservation et valorisation du patrimoine naturel, culturel et historique du Pays de Lyons et de ses alentours), Emmanuel Boivin est aussi l’auteur d’ouvrages d’histoire et patrimoine local, tous trois publiés aux Editions HAUGR : Qui était Joseph Venambre ? (2015), Arbres singuliers et fantaisies naturelles en Pays de Lyons, (2015) et Arbres et passions (2017).

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