Rencontres à la bibliothèque Gabriel de Broglie : Du Havre à New York, la Normandie transatlantique

Date : le 19 octobre 2019 à 14h30
Intervenants : Marie-Anne du Boullay, Frédéric Ollivier, Samuel Bismut (piano)
Lieu : Château de Bois-Héroult, 76750 Bois-Héroult

Le Havre, la « French Line », « Normandie », son plus mythique paquebot, Ravel et Gershwin à New York… La 4e rencontre de Bois-Héroult fera mémoire d’un temps disparu dont certains illustres personnages, certaines illustres réalisations nous font encore rêver…

Le château de Bois-Héroult et ses jardins

Le château de Bois-Héroult et ses jardins

Programme

14h30 : accueil café dans le Grand Commun du château de Bois-Héroult ;

15h : « Le Havre transatlantique », par Marie-Anne du Boullay, directrice de l’EPCC French Lines & Compagnies ;

16h15 : « Normandie, paquebot de légende », par Frédéric Ollivier, directeur général des Services pour la Région Normandie, auteur de Normandie, un chef-d’œuvre français (Éditions du Chasse- Marée, 2005), Le grand siècle des paquebots, (Éditions Glénat, 2007) ;

17h15 : projection de documentaires sur Normandie, France, Le Havre… ou promenade dans le parc de Bois-Héroult avec visite du château ;

18h : concert « Quand Ravel rencontre Gershwin, New York, mars 1928 », par Samuel Bismut (piano) ;

19h : vente exceptionnelle de pièces de services d’argenterie de table du paquebot Normandie ;

19h30 : cocktail.

Inscription obligatoire (nombre de places limité) à l’adresse : contact@amisdelyons.com

En savoir plus…

SS Normandie

Le Havre transatlantique

Le port du Havre fut à partir du 1864 et jusqu’en 1974 le point de départ et d’arrivée d’une liaison maritime régulière avec New-York, la French Line. Du courrier postal, des passagers et des marchandises circulent d’une façade à l’autre de l’Atlantique, embarqués aux débuts de la ligne à bord de packet-boat propulsés à la voile et à la vapeur, ceux-là même qui donneront notre mot français de paquebot.

Créée à la demande de l’État, la Compagnie Générale Transatlantique et sa célèbre French Line connaissent des débuts mouvementés, des périodes de grande rentabilité parfois mais aussi des crises majeures, sous la direction de présidents inspirés et audacieux. Leur histoire est marquée par la nécessité de s’adapter continuellement à un climat de grande concurrence entre compagnies européennes, dans un contexte de forte mobilité démographique, d’évolution technologique et de changements sociétaux majeurs.

La French Line, s’est aussi des paquebots mythiques, et le plus mythique d’entre tous est sans conteste Normandie. Construit au plus fort de la grande dépression du début des années trente, Normandie n’aura navigué que quatre ans, de 1935 à 1939, et traversé 139 fois l’Atlantique avant que la guerre l’immobilise à New York où il sera détruit au mois de février 1942, lors d’un incendie accidentel et un chavirage qui ne laissera qu’une épave irrécupérable.

SS Normandie

Normandie, paquebot de légende

Le grand paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique a pourtant laissé derrière lui une marque indélébile : il incarne aujourd’hui encore l’expression la plus achevée, la plus aboutie de ce que peut être un navire de rêve.

Il est vrai que Normandie avait pour lui de solides atouts : supérieurement conçu et élégant, doté d’aménagements d’un raffinement et d’un luxe incomparables, Normandie fut le plus grand et le plus rapide des navires de son époque – presque deux fois les dimensions du Titanic, construit moins d’un quart de siècle plus tôt.

Premier navire au monde de plus de 1000 pieds ou de plus de 300 mètres de long, premier à toucher la barre des 80 000 tonneaux de jauge brute, premier à traverser l’Atlantique à plus de 30 nœuds, Normandie peut à bon droit revendiquer une place à part dans l’histoire maritime. Il représente ainsi l’ultime aboutissement d’une lignée aujourd’hui éteinte, malgré la construction et le succès de Queen Mary II : celle du grand « liner » transatlantique. Après Normandie on ne construira ni vraiment plus grand, ni vraiment plus rapide.

La France entière va participer à sa construction, et adoptera définitivement Normandie lorsque celui-ci, lors de son voyage inaugural, s’emparera du ruban bleu, dont il sera à jamais le seul détenteur Français. La perte de Normandie au début de 1942, aux heures les plus noires de la guerre et de l’occupation sera très durement ressentie en France. La Transat elle-même ne se remettra jamais complètement de l’absence de son grand paquebot une fois la paix revenue.

Quatre-vingts ans après son dernier voyage, l’histoire de Normandie continue à passionner un large public, sans doute parce qu’elle constitue une page à part entière de notre histoire contemporaine, sans doute aussi parce que Normandie reste à bien des points de vue un navire inégalé, et pleinement à la hauteur de sa légende.

Auteur de « Normandie, un chef d’œuvre français », Frédéric Ollivier se propose de retracer l’histoire du navire, de la replacer dans son contexte, celui de la III République déclinante et finissante, où un petit groupe d’hommes trouve à la fois les moyens et l’énergie de mener à bien un projet gigantesque, dans des conditions économiques si difficiles qu’elles imposent parallèlement d’organiser le sauvetage de la Compagnie Générale Transatlantique.

Ravel (au piano) et Gershwin (dernier à droite) à New York, le 7 mars 1928

Concert « Quand Ravel rencontre Gershwin, New York, mars 1928 », par Samuel Bismut (piano)

Maurice Ravel en rêvait et ce fut sa principale requête avant d’entamer sa triomphale tournée américaine : voir George Gershwin – selon lui, l’un des plus grands musiciens de son temps – et l’entendre jouer Rhapsody in blue. Leur première rencontre eut lieu le 7 mars 1928, jour du 53e anniversaire de Ravel et à l’issue d’une traversée transatlantique. C’est leur amie commune, la soprane canadienne Eva Gauthier qui les invita tous deux chez elle à New York. Il restera de cette soirée une image radieuse. Ravel est au piano, Gershwin qui n’a alors que 29 ans a un sourire presque juvénile. Eva Gauthier racontera plus tard que ce fut une soirée mémorable au cours de laquelle Gershwin se surpassa. Le lendemain, Ravel jouait en solo accompagné du New York Symphony Orchestra à Carnegie Hall.

Par les morceaux choisis, Samuel Bismut nous rappellera cette incroyable rencontre entre deux génies du monde des sons. Un hommage à leur immense talent pour donner une autre dimension à cet journée transatlantique.

Piano : Grand Steinway de concert

Les intervenants

Marie-Anne du Boullay, directrice de l’EPCC French Lines & Compagnies se propose de rappeler comment Le Havre, tête de lignes emblématiques et port d’attache de navires prestigieux de la Transat est devenue ville transatlantique. Depuis l’accueil des migrants à la construction de nouveaux bassins dans le port, une partie de l’histoire de la ville est étroitement liée à celle de la Compagnie, à une époque où le transport maritime est encore le seul moyen d’atteindre les mondes par-delà les mers, jusqu’à la mise service en 1935 du paquebot Normandie.

Diplômé de Sciences-Po Paris, Frédéric Ollivier est titulaire d’une maîtrise en histoire contemporaine (université de Paris IV Sorbonne). Aujourd’hui directeur général des Services pour la Région Normandie, ce Brestois passionné par l’histoire des grands paquebots a écrit, outre Normandie, un chef-d’œuvre français (Éditions du Chasse- Marée, 2005), Le grand siècle des paquebots, (Éditions Glénat, 2007).

Samuel Bismut

Pianiste français né en 1998, Samuel Bismut étudie actuellement au Conservatoire National Supérieur de Musique (CNSM) de Paris dans la classe de Denis Pascal.

Son parcours musical commence au conservatoire de Montpellier. Il y rentre à l’âge de neuf ans dans la classe de Sophie Grattard, et y obtient brillamment quatre premiers prix (DEM) : en piano, formation musicale, musique de chambre et accompagnement. Il se perfectionne ensuite en suivant notamment les masterclasses de Denis Pascal et d’Hortense Cartier-Bresson. Il est tout de suite admis a l’unanimité du jury au Conservatoire National Supérieur de Paris, où il reçoit les conseils réguliers de Claire Désert, Hortense Cartier-Bresson, Sebastien Vichard.

En parallèle de ses études musicales, il passe une partie de ses études secondaires à Tokyo, dans le gakuin de la très prestigieuse université Waseda (早稲田大学高等学院). Ce qui lui permet d’obtenir un baccalauréat littéraire / langues orientales mention très bien.

Samuel Bismut se produit comme pianiste depuis l’âge de 14 ans notamment sous la direction du chef de chœur Patrice Baudry en musique de Chambre, comme soliste pour la création de l’œuvre de Sophie Lacaze « Immobilité sérieuse » pour piano et orchestre à cordes, sous la direction du chef Denis Comtet. Il remporte le premier prix du 13e concours Alain Marinaro de Carcassonne.

Il partage très tôt la scène avec de nombreux partenaires de musique de chambre notamment les solistes de l’orchestre de Montpellier ; Michel Raynié, Olivier Jung, et sera accompagné notamment de l’orchestre symphonique et lyrique de Paris, dirigé par Louis Marie Aguera. Il est régulièrement invité à se produire en tant que soliste et chambriste, à Paris (église st Ephrem, Notre Dame du Liban, maison natale Claude Debussy de Saint-Germain-en-Laye) à Montpellier (salle Molière, Maison des chœurs, hôtel Magnol), à la maison des arts de Pérols, à Banyuls, Carcassonne…

Samuel Bismut est également invité comme soliste à participer au festival international « Tons voisins » à Albi et au festival musical de Saint-Yrieix.

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