Louis XIV, seigneur de Lyons

1 novembre 2015

Le plus célèbre roi de France fut seigneur de Lyons durant 27 ans… par André Nardeux.

Louis XIV (c.1705), par Antoine Benoist (1632-1717)

Louis XIV (c.1705), par Antoine Benoist

Le 27 décembre 1683, disparaît Marie Elisabeth de Savoie-Nevers, reine du Portugal, héritière en ligne directe de Renée de France, duchesse d’Este-Ferrare et dame de Lyons. Le souvenir de cette princesse est encore présent dans l’Hôtel de Ville par son don du tableau du Christ en croix, entouré de la Sainte Vierge et de saint Jean. La descendance de la fille de Louis XII s’est éteinte et son apanage revient au roi Louis XIV, qui, de 1683 à 1710, sera seigneur de Lyons.

Ainsi, cette cité royale va bénéficier comme les nombreuses villes qui relèvent directement du souverain de diverses nominations d’hommes de qualité : maire, curé qui ont laissé une œuvre remarquable.

En 1704, Charles Genet, procureur commun aux sièges royaux de Lyons reçoit la charge de maire de Lyons. Le décret de nomination a été retrouvé : « Louis XIV […]savoir faisant que pour la plein et entière confiance que nous avons en la personne de notre cher et aimé Charles Genet en sa suffisante loyauté, prud’homme et entière fidélité et affection à notre service […] »

Conscient des difficultés de sa mission, le nouveau maire réussira à faire accepter les contraintes infligées aux habitants par le logement des troupes de passage. En effet, les Lyonsais cherchaient par tous les moyens à se faire exempter de cette corvée car les soldats abusaient souvent de leurs hôtes. Enfin, Charles Genet saura faire appel à la générosité royale pour combler les déficits chroniques du budget communal.

Un nouveau curé de Lyons est nommé par le roi en 1697. Ce prêtre, Charles Anquetin, est un théologien érudit. Vocation tardive, il a été dans sa jeunesse commis de l’administration financière. Aussi, il est l’auteur des Observations sur un ouvrage de Monsieur le Maréchal de Vauban intitulé Dîme royale, un livre dont la renommée parviendra à Saint-Simon. L’abbé Anquetin y déclare le maréchal incompétent en matière financière et préconise un nouvel impôt sur les signes extérieurs de richesse ou sur les revenus professionnels. Il propose également une taxe sur chaque bête de somme servant au commerce ou à la commodité des particuliers. Durant son ministère, l’église Saint Denis de Lyons fera l’objet de grands travaux. Les trois fenêtres situées au chevet seront bouchées pour permettre l’installation d’un nouveau maître-autel dans le chœur. Il nous en reste deux belles statues de saint Denis et de saint Jean Baptiste. Quant à l’autel, il se trouverait aujourd’hui dans l’église des Hogues.

Le temps de la souveraineté directe de Louis XIV prend fin en 1710. Le roi donne à son petit-fils, le duc de Berry, comme apanage Lyons, Vernon et Gisors. A la mort prématurée du jeune prince en 1714, Lyons fait retour à la couronne pour une dernière année. L’oubli de cette époque où la France était si grande et si fortement éprouvée par les rigueurs du climat et les horreurs de la guerre s’est installé dans l’esprit des Lyonsais. Néanmoins, un curieux témoignage de cette époque est parvenu jusqu’à nos jours : une feuille officielle à entête de Louis XIV certainement mise en place par le zèle d’un délégué de l’intendant (sorte de sous-préfet siégeant à Lyons) trouvée au greffe de nos tribunaux. André Nardeux