Rouen, port de mer

28 juin 2011

Passionné par son sujet, Michel Croguennec a dressé pour les Amis de Lyons, le 18 juin dernier, une brillante analyse de l’histoire et de la vie d’un des plus importants ports de France : Rouen. Des propos richement documentés et un public venu nombreux malgré les intempéries. 

A partir du milieu du xixe siècle, la modernisation des transports terrestres et maritimes alliée à la croissance des flux de marchandises, remettent en cause la conception du rôle et de l’aménagement des ports. Ceux-ci n’ont en effet connu que peu d’évolutions techniques depuis leur origine.

Rouen, à la fois port maritime et fluvial, à 125 km à l’intérieur des terres, voit, grâce à l’amélioration de ses accès nautiques à partir de 1848, augmenter son trafic et la taille des navires fréquentant ses quais.

Le port de Rouen

Cependant, face à ces contraintes, la nécessaire transformation du port est lente à obtenir, du fait de l’insuffisance des crédits publics et de la difficile mobilisation des milieux rouennais en faveur des intérêts portuaires. La création des docks entrepôts en 1860 et la mise en place des premières grues sur les quais n’améliorent que très peu ses conditions d’accueil. Ce n’est, qu’avec les travaux de reconstruction des quais entrepris à partir de 1875 que la situation va peu à peu s’améliorer. L’allongement des quais, l’aménagement de bassins et le renforcement de l’outillage permettent d’accroître la compétitivité rouennaise face aux autres ports français et au transport ferroviaire. Mais le rythme de croissance des infrastructures portuaires n’est pas suffisant pour faire convenablement face à la hausse constante du trafic qui finit pendant la première mondiale par faire de Rouen le premier port de France. Face à l’échec évident de la politique française en terme d’aménagement portuaire, de nouvelles pistes sont explorées dans les années 1920 et 1930 : renforcement des moyens d’évacuation des marchandises, infrastructures plus conformes aux besoins, appel aux financements privés…

La conférence dans la salle du bailliage

Celles-ci permettent de développer considérablement la puissance de l’outillage et d’étendre le site portuaire au-delà du cadre naturel rouennais facilitant ainsi l’implantation de nouvelles industries désireuses de bénéficier des avantages offerts par le fleuve et la proximité de Paris.

Docteur en Histoire, Michel Groguennec, attaché de conservation du patrimoine et des bibliothèques, est aujourd’hui responsable des archives municipales et du patrimoine historique de la ville de Petit-Quevilly (Seine-Maritime). Féru de patrimoine naval et industriel normand, il contribue à de nombreuses publications.